

En Suisse, les personnes atteintes de troubles psychiques sont traitées par des psychiatres et des psychologues psychothérapeutes. Ces derniers exercent en délégation dans le cadre de l’AOS (assurance de base) et leurs prestations sont facturées par le médecin délégant. Les psychologues veulent maintenant changer de modèle. Par une pétition, ils font pression sur le monde politique pour imposer un modèle de prescription les autorisant à facturer directement aux caisses maladie. Le Comité de la FMPP souhaite en savoir plus sur la position actuelle de ses membres quant au modèle de collaboration. Il les invite ainsi de participer à un bref sondage sur le sujet.
Environ 4’000 médecins spécialistes en psychiatrie et psychothérapie, 800 médecins spécialistes en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ainsi qu’environ 6'800 psychologues psychothérapeutes, détenteurs d’un titre de formation postgraduée reconnu, s’occupent en Suisse du traitement ambulatoire et hospitalier de personnes atteintes de troubles psychiques. La loi sur les professions médicales (LPméd) et la loi sur les professions de la psychologie (LPsy) définissent les exigences en termes de qualification. Alors que les prestations ambulatoires des médecins spécialistes en psychiatrie sont remboursées, les prestations des psychologues psychothérapeutes ne sont prises en charge par l’assurance de base que dans le cadre du modèle de délégation. Actuellement, les psychologues ayant leur propre cabinet peuvent aussi facturer leurs traitements en tant qu’indépendants aux assurances complémentaires (LCA) ou à l’assurance invalidité (AI) pour les enfants et les adolescents.
Les fédérations de psychologues et d’autres acteurs du domaine de la santé souhaitent remplacer la psychothérapie déléguée par un modèle de prescription. Le modèle envisagé prévoit que les médecins de premier recours au sens large (en font notamment partie tous les médecins de famille, les gynécologues, les psychiatres et les médecins titulaire du certificat de formation en psychothérapie déléguée) soient à même de poser l’indication d’une psychothérapie psychologique. Le psychothérapeute se charge ensuite de celle-ci de manière indépendante. L’introduction de ce modèle tarde, en attente d’une ordonnance du Conseil fédéral. Les fédérations des psychologues font pression alors que de nombreuses questions demeurent ouvertes, notamment celles relatives aux craintes d’une augmentation du volume des prestions et des coûts.
En 2013 déjà, la FMPP a adopté une prise de position relative à la psychothérapie médicale. La fédération y reconnaît que fondamentalement la psychothérapie peut être réalisée par des psychiatres et des psychologues selon des méthodes identiques. Les différences proviennent de la formation de base des thérapeutes. Par leur formation postgraduée de six ans, les médecins spécialistes en psychiatrie et psychothérapie bénéficient d’une solide expertise de pratique clinique. Ils ont ainsi acquis des compétences dans l’ensemble du spectre des maladies psychiques, particulièrement concernant les comorbidités somatiques et les interactions entre psychique et somatique. En 2013, les délégués de la SSPP et de la SSPPEA ont une première fois été appelés à se prononcer sur le modèle de prescription : les délégués de la SSPP ont soutenu un modèle autorisant les seuls médecins spécialistes en psychiatrie et psychothérapie à prescrire des traitements psychothérapeutiques. Les délégués de la SSPPEA ont au contraire préconisé la prescription d’une psychothérapie psychologique par tous les médecins. Les deux se sont accordés pour dire qu’en premier lieu devait être réglée la question des limitations des admissions de cabinets (« Psychiatres et psychologues sur un pied d’égalité »). Dans une enquête réalisée la même année, la majorité s’est prononcée en faveur d’une prescription par les seuls médecins spécialistes en psychiatrie et les médecins titulaires du certificat de formation en psychothérapie déléguée. Par la suite, l’Assemblée des délégués de la FMH en a décidé autrement, optant pour la prescription par tous les médecins.
La Fédération Suisse des Psychologues (FSP) a lancé une pétition fin novembre 2018 afin que le modèle de prescription soit rapidement introduit. Dès lors, la FMPP est appelée elle aussi à prendre position. La question du modèle de remboursement des psychologues psychothérapeutes doit être soumise aux membres de la SSPP et de la SSPPEA. C’est pourquoi nous vous prions de nous communiquer votre opinion sur la question : « Délégation ou prescription ? » en remplissant la brève enquête ci-dessous. Le sondage se déroule au 31 mars 2019.
