


Pierre Vallon, Président de la FMPP
Le constat de l’enquête commanditée par l’OFSP au bureau BASS est sans appel : les psychiatres suisses vieillissent. Plus d’un psychiatre psychothérapeute sur quatre a plus de 60 ans et seuls 9 % ont entre 30 et 40 ans. Alors que les psychiatres d’enfants et d’adolescents manquent dans tout le pays pour couvrir adéquatement les besoins de la population, la répartition des psychiatres d’adultes entre centres urbains et zones périphériques est complétement déséquilibrée. Malgré le nombre important des psychiatres travaillant en ville, les délais d’attente de prise en charge des nouveaux patients dépassent souvent les 4 à 6 semaines.
La FMPP est-elle donc une fédération professionnelle de vieux médecins, regroupés en ville, dont le revenu reste le plus faible des spécialités médicales, malgré un agenda toujours plein ? Quel rôle la FMPP peut-elle encore jouer dans la révision tarifaire TARCO ou face à une structure tarifaire d’Etat ? Comment intéresser des étudiants en médecine, plus tentés par les spécialités techniques que par l’aspect relationnel de la médecine de famille ou de la psychiatrie ? Quel est l’avenir de la psychothérapie médicale face à l’afflux de médecins spécialistes de pays voisins, sans formation suffisante dans ce domaine ? Peu à peu remplacés par le binôme psychologue psychothérapeute et infirmière APN, le psychiatre psychothérapeute et le médecin de famille seraient-ils des espèces en voie de disparition ?
La FMPP, c’est vous ! Sans une identité forte de psychiatre psychothérapeute portée par chacun d’entre nous, notre profession est sans avenir ! Nous devons nous montrer fiers de ce que nous accomplissons chaque jour, en collaboration avec nos patients et leurs proches. Nous devons expliquer sans relâche ce qu’est un psychiatre psychothérapeute, qu’il travaille en institution ou en cabinet privé, seul ou en groupe. Pour cela, nous devons ouvrir notre pratique quotidienne à des étudiants en médecine pour qu’ils puissent expérimenter sur le terrain ce qui rend notre métier unique et passionnant. Nous devons garantir la qualité de nos prises en charge au travers d’une formation post-graduée et continue assurée par des enseignants motivants et stimulants.
La FMPP ne peut se contenter de ses succès passés tels que la mise en échec de la révision de l’OPAS, l’appui à la création d’un groupe interparlementaire consacré à la santé mentale, le travail en réseau avec la FMH, les associations de psychologues et les organisations de patients et de proches. La FMPP doit porter haut l’étendard de la psychiatrie et de la psychothérapie en tant que spécialité médicale à part entière. Elle doit lutter contre la stigmatisation des personnes souffrant de maladies psychiques, quel que soit leur âge et leur nationalité. Elle doit faciliter la communication entre ses membres dans toute la Suisse et informer le public sur les enjeux de santé mentale.