Etude BASS sur le revenu des médecins : prise de position de la FMPP

Juste en phase avec l’annonce automnale des primes et pour favoriser la prochaine révision de la loi sur l’assurance maladie, l’OFSP a publié avec un fort écho médiatique un compte rendu tendancieux sur les revenus des médecins par le biais d’une étude menée par le Bureau BASS.

 

Le 29 octobre 2018, l’OFSP a publié une étude sur le revenu des médecins. Cette dernière se base sur le revenu soumis à l’AVS et présente des données sur le revenu des médecins indépendants et salariés entre 2009 et 2014. A en croire l’OFSP, le revenu des médecins s’avère nettement plus élevé qu’évalué à ce jour. En outre, l’étude met en évidence des différences notables entre disciplines, médecins indépendants et salariés ainsi qu’entre hommes et femmes. Sans grande surprise, les psychiatres restent malheureusement lanterne rouge en termes de niveau de revenu. 

La FMH exige plus d’équité

Dans une prise de position le même jour, la FMH exige une discussion équitable. Selon l’association des médecins, une discussion objective, factuelle et axée sur les solutions devrait reposer sur la transparence et une base de données fiable. A titre d’exemple : l’étude ne tient pas compte d’un quart de la corporation médicale – à savoir les 10'000 médecins assistants ayant un bas revenu. L’étude ne permet par ailleurs pas de déterminer la part du revenu global effectivement financée par les primes. En effet, elle n’autorise pas de conclusions quant à la composition des revenus issus des différentes assurances sociales et complémentaires. En outre, les chiffres relatifs aux revenus datent de 2014, et sont ainsi antérieurs aux deux interventions tarifaires du Conseil fédéral qui ont réduit les revenus. La communication de l’OFSP ne l’évoque en rien.

Pour une vérification équitable de la plausibilité !

Malheureusement sans grande surprise, les psychiatres, en particulier les psychiatres de l’enfant et de l’adolescent, se trouvent au bas de l’échelle des revenus de toutes les spécialités, et ce même dans l’étude BASS. Le revenu médian de CHF 192'058 des psychiatres indépendants est ainsi étonnamment élevé en comparaison d’autres enquêtes sur le revenu, bien plus actuelles, à l’instar de l’étude MAS de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiée au printemps 2018. A cet égard il convient toutefois de savoir que l’étude de revenu publiée par l’OFSP a rapporté tous les temps partiels des praticiens à un équivalent temps plein. Dans le domaine de la psychiatrie, ce procédé paraît particulièrement éloigné de la réalité.

Ce travail combinant intellect et émotion est très exigeant 

Les psychiatres sont effectivement nombreux à travailler à temps partiel. Ceci en règle générale, car dans notre spécialité, 42 heures hebdomadaires (TARMED se fonde même 46 heures) de contact avec les patients n’est pas envisageable dans la durée. Des revenus à plein temps sont ne sont guère réalisables dans la pratique psychiatrique. La psychothérapie du psychiatre exige de se mettre en phase avec des malades psychiques, en étant en permanence hautement concentré et en faisant preuve d’empathie. A cet égard, les interventions psychothérapeutiques doivent être réalisées au moment adéquat, avoir le « bon dosage » et prendre l’émotionnel en considération. Constant échange avec le patient, ce travail combinant intellect et émotion est très exigeant. Il ne saurait guère être pratiqué à un niveau élevé de qualité durant de nombreuses années à raison de neuf heures par jour. Il en va différemment des spécialités dont le quotidien professionnel se caractérise par une alternance entre activités intellectuelles et pratiques. Ce travail diversifié peut se dérouler sur une durée en continu plus longue. Un tarif ambulatoire doit tenir compte de cette différence. La FMPP et la FMH s’engagent donc ensemble avec vigueur pour une révision adéquate du tarif ambulatoire. 

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