

Chère collègue, cher collègue,
Une chose est sûre, l’été qui nous attend sera chaud. Et s’il ne l’est pas sur le plan climatique, il le sera en tout cas du point de vue politique pour notre société ! Les deux votations à venir au mois de juin et le travail parlementaire des prochains mois autour des volets de mesures visant à freiner la hausse des coûts s’annoncent brûlants.
L’initiative pour un frein aux coûts y est pour beaucoup. Les électeur·rice·s comprennent-ils·elles qu’en cas d’acceptation, les caisses-maladie ne prendront plus en charge l’ensemble des coûts ? Sont-ils·elles conscient·e·s que la menace d’une médecine à deux vitesses nous pend au nez, à l’instar de la situation dans d’autres pays européens où, pour avoir droit à certains traitements ou à des opérations rapidement, il faut pouvoir compter sur des moyens financiers privés ? Cette initiative est particulièrement préoccupante pour les personnes qui se trouvent d’ores et déjà au bas de l’échelle sociale, ce qui est le cas de bon nombre de nos patient·e·s.
Ce qui est alarmant, c’est que l’on n’agisse pas sur les aspects où des économies seraient effectivement possibles : il est véritablement incompréhensible que l’introduction du Tardoc, qui devait enfin améliorer la position des disciplines médicales axées sur le dialogue, soit à nouveau reportée. Depuis la soumission auprès du Conseil fédéral de la première version du nouveau système tarifaire en 2019, ce dernier a été remanié et amélioré à plusieurs reprises pour répondre aux exigences posées. Malgré cela, nous sommes contraint·e·s, aujourd’hui encore, d’attendre que nos prestations soient reconnues à leur juste valeur. Il est frustrant de voir à quel point les règles changent au fur et à mesure que le jeu avance. D’ailleurs, ce n’est pas juste frustrant mais aussi insécurisant.
Je me fais du souci pour l’avenir de notre discipline, pour la qualité des soins et, surtout, pour nos patient·e·s. Comment défendre les valeurs auxquelles nous tenons ? Comment inciter les étudiant·e·s en médecine à choisir cette spécialité fascinante qu’est la psychiatrie ? Le manque de relève est plus que préoccupant et requiert l’adoption de mesures urgentes afin d’augmenter l’attractivité de notre profession.
Malgré ces obstacles, nous n’avons pas le droit de nous résigner. Nous devons continuer de nous engager du mieux que nous pouvons en faveur de nos valeurs et de la meilleure qualité possible de prise en charge pour nos patient·e·s.
Dans ce contexte, le travail du groupe de travail Politique et psychiatrie est d’autant plus important. Je suis donc ravie de pouvoir vous présenter dans cette newsletter une interview avec Bettina Mutter, notre chargée de relations publiques, qui nous fait part de son travail et de ses idées. Vous trouverez cet échange sous la rubrique « EN POINT DE MIRE »
Je vous adresse mes salutations solidaires.
Fulvia Rota, co-présidente de la FMPP